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Depuis plusieurs années maintenant, on entend parler de façon récurrente des pervers narcissiques. Souvent employée au masculin, la pathologie ne pouvant être détectée à l’œil nu inclut également des femmes et fait des ravages psychologiques aux conséquences désastreuses. Mais comment faire pour reconnaître un pervers narcissiques ? Ce qui se révèle difficile, ce n’est pas seulement l’empoisonnement persistant dans le corps de la victime, mais le crédit que l’on donne à ce sujet. Comment est-il possible d’aider les gens à y voir plus clair sans faire de la prévention, voyons ensemble ce que cela implique :

Pervers narcissique : Définition

Je préfère parler de personnalité perverse narcissique et non de pervers narcissique. La subtilité est mince mais la différence est grande.

Dans un premier temps, gardons en tête, que nous parlons ici d’un être humain, et ajouter la notion de « personnalité » est primordiale car cela catégorise le sujet en question au sein de sa nature propre, celle d’une personne faillible, dénué de toute puissance, qui peut tomber malade, ressentir de la fatigue, et plus fatalement mourrir. 

Il n’est donc pas nécessaire aux personnes qui en sont victimes de donner du poids au sujet en lui attribuant des caractéristiques hors du commun, car cela contribue à maintenir la peur et les émotions négatives, hors l’objectif ici, est de s’ en sortir. La personnalité perverse narcissique est avant tout une personne malade.

pervers narcissique

Avant de rentrer dans des détails tels que les circonstances de vies qui amènent à développer des comportements rigides et toxiques, définissons ensemble les caractéristiques d’un manipulateur pervers narcissique :

La définition de la personnalité perverse narcissique est celle d’un(e) individu(e) ayant une image terne et dégradée de lui-même, un sentiment d’infériorité profondément marqué et des complexes psychologiques variés. Il y’a un manque considérable d’altérité, l’égocentrisme est surdimensionné. Accaparer l’attention, le désir de briller, le besoin avide de reconnaissance, sont des caractéristiques propres à la personnalité perverse narcissique. 

Nous retiendrons que le manque d’estime de ces individus envers eux même altère considérablement les relations sociales qu’ils sont amenés à entretenir.

Nos interactions avec les autres nous poussent à prendre en compte inconsciemment certaines caractéristiques propres du sujet que nous avons en face de nous, cela peut être par exemple, un sourire sur le coin des lèvres, une émotion, un regard et avec toutes ces informations nous construisons une discussion animée et équitable. 

Lors d’un match de tennis celui qui perd est celui qui n’a pas su rattraper la balle, souvent car le “smatch” a été trop fort, hors, dans une conversation, nous ne “smatchons” pas, nous échangeons la balle de tennis tranquillement, et pour ce faire, nous devons être en mesure de bien percevoir ladite balle, de tendre le bras, de l’incliner vers le bas, de mesurer la distance d’envoi pour que la réception se fasse sans  heurts.

La personnalité perverse narcissique est dans l’incapacité de lire les caractéristiques de son environnement de telle manière, il n’est donc pas possible de recevoir une balle de tennis à la puissance tempérée.

jeu-balle

Il y’a dans l’analogie que je viens de décrire un manque flagrant de technicité. Dans les relations sociales, cela fait référence à des structures psychologiques non abouties et extrêmement fragiles. Il n’ y a pas eu d’échafaudages temporaires lors de la construction des bases psychologique de l’enfant sur lesquelles continuer à bâtir la suite de l’histoire de vie… 

L’arme fatidique de la personnalité perverse narcissique : La parole

Ce qui est intéressant de comprendre, c’est la communication interpersonnelle qui s’effectue entre les deux protagonistes, d’un côté une personne souffrant de trouble pervers narcissique et de l’autre coté une personne non avisée sur la pathologie.

Reprenons donc l’exemple du match de tennis, de façon logique nous savons que si nous agissons de manière rapide et précipitée, il n’ y a que peu de probabilités qu’une réflexion censée ait lieu avant l’acte que nous allons émettre. 

Le manipulateur pervers narcissique ne réfléchit pas de manière censée, tant s’en faut, ce qui est habituellement pris pour de l’intelligence est une habileté de la parole, car à l’instar de la balle de tennis qui à tire-d’aile est frappée, la parole de ces individus est une réplique quasi mécanique.

Nous sommes ici dans une sphère conflictuelle ou la communication fluide et enrichissante n’a pas de place. En effet dans un match de tennis, nous suons pour en sortir vainqueurs, ici, la sueur c’est la parole.

cerveau humain

Perversion narcissique : Causes

Les causes de la grande majorité des maladies sont d’une part biologique et d’une autre part environnementale. L’épigénétique est une discipline de la biologie qui a démontré que l’environnement dans lequel nous vivons favorise l’expression de certains gènes au détriment d’autres gènes. Dans un premier cas, il est fort probable que les mécanismes en oeuvre dans une relation perverse narcissique découlent d’une enfance difficile.

Un enfant développe assez rapidement une image de lui même, relative à l’image que ses parents lui projettent. Cela opère  dans les premières années de vie. Froncez les sourcils à un bébé et vous verrez rapidement qu’il en fait de même. Souriez-lui, il sourira en retour.

Le stade du miroir, développé par plusieurs psychologues avant d’être repris par Jacques Lacan, nous démontre que l’enfant est porté par l’un de ses parents lorsqu’il voit son reflet dans le miroir, si ces derniers n’ont pas été suffisamment bons, l’altération psychologique due au soin défaillant lui fera percevoir une image peu reluisante de lui même.

Au fil des années, tout cela s’enchaîne et s’entremêle, or un enfant a besoin de résoudre des stades, que Sigmund Freud a nommés, les stades psychosexuels. Nous pouvons faire une analogie de ces derniers avec un jeune enfant de dix ans qui souhaite devenir médecin.

Imaginez que cet enfant aille demander à sa mère de lui ouvrir un cabinet de chirurgien. Heureusement que la loi ne le permet pas, car nous y verrons certainement des gens ensanglantés joncher les rues.

Si sa mère est censée, elle lui répondra qu’il n’est pas encore prêt à devenir médecin-chirurgien et encore moins à exercer, il se rendra gentiment poursuivre son primaire, collège, lycée, à l’université, travailler, acquérir de l’expérience avant de s’installer correctement en tant que médecin.

Bien, les stades psychosexuels c’est un peu la même chose, il faut en résoudre convenablement l’un pour réussir celui qui s’en suit.

Par exemple, le stade oral, qui a lieu dès la naissance jusqu’à 18 mois, consiste en une succion buccale, l’enfant a constamment le désir et le besoin d’incorporer des objets dans la bouche, notamment le sein de la mère. Lorsqu’il pleure, cette dernière, si elle est suffisamment bonne, viendra après une durée jugée correcte pour assouvir ses envies.

Mais si elle ne vient pas, ou si elle n’est pas psychologiquement apte à remplir son rôle maternel, l’enfant accumulera angoisse après angoisse, ces dernières ne faisant que s’amplifier avec le temps qui passe, générant en lui ce que l’on appelle en psychanalyse une fixation orale.

Sigmund Freud nous explique que la fixation atteste le poids du passé et de la difficulté à s’en dégager. Imaginez maintenant que les angoisses non résolues du stade oral stagnent chez l’enfant et que ce dernier est amené à résoudre d’autres stades durant son cheminement psychosexuel.

L’énergie qui aurait dû être sollicitée pour les défis suivants est complètement fragmentée, le cerveau ne peut se concentrer adéquatement sur les tâches du présent et il est constamment appelé par les fantômes du passé. Que fait donc un chirurgien qui n’a pas toute sa tête sur ses épaules selon vous ? 

La deuxième cause possible est l’inverse de ce que nous venons de voir, nous aurons affaire à un enfant roi. Aussitôt qu’il a dit « soit », aussi tôt, il « fut ». Lui aussi n’a pas résolu les stades lui permettant de forger une identité nuancée. À force de trop leur supprimer ou de trop leur donner, ils deviennent soit tout blanc soit tout noir, et ne peuvent regrouper les deux profils dans une personnalité cohérente. Si ce n’est pas la gentillesse absolue, c’est la terreur absolue, et ce qui réside entre les deux est empreint de manipulation.

Comment reconnaitre un pervers narcissique ?

Il n’est pas possible de reconnaître un pervers narcissique avant de se connaître soi-même. Nous faisons notre connaissance chaque jour un peu plus à travers les situations de vie que nous expérimentons, et il n’est pas utile de se dresser une liste toute faite.

La seule chose dont vous avez besoin est d’évaluer votre état psychologique. Vous n’êtes pas censé ressentir des émotions telles que la culpabilité, la peur ou toute autre émotion négative après des échanges relationnels, et encore moins si ces émotions sont persistantes dans le temps, c’est en soi un signal d’alarme…